Photo de membranes vibrantes

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Jean-François Laporte

Membranes vibrantes

Dans les petits pots les meilleurs onguents ? Les onguents les plus étonnants, en tout cas !

La Membrane vibrante est une coupe en métal à double paroi où la sortie d’air est permise par l’ouverture faite au centre de la plus petite des parois. Ce système sert de réservoir et est muni d’une embouchure au fond, où se branche l’arrivée d’air comprimé. Une membrane en néoprène recouvre le dessus des deux parois, ce qui permet de créer une pression à l’intérieur du réservoir. Lorsque la pression est suffisante, l’air cherche à en sortir, créant au passage une friction avec la membrane en néoprène, ce qui génère le son caractéristique des membranes vibrantes. 

L’instrument se décline en tailles diverses. De plus, la sortie d’air inférieure est courbée à 90 degrés et reliée à un tube de plastique télescopique qui permet de faire varier la note fondamentale de la membrane vibrante; d’une seconde (dans le cas des plus gros spécimens) à une tierce, voire une quinte (pour les plus petits). 

Les Membranes vibrantes s’utilisent à plusieurs pour former une sorte d’orgue à coulisses. Les sons produits vont d’une note pure et bien pleine évoquant réellement l’orgue d’église à diverses textures plus bruitistes si la pression d’air est plus forte où lorsqu’on utilise les doigts ou des objets (comme des embouchures d’instruments à vent) pour altérer la vibration de la membrane. Grâce aux tubes télescopiques, on peut jouer des unissons, des quasi-unissons qui produisent des battements, des accords et d’impressionnants glissandos.

Les Divas sont des Membranes vibrantes plus petites, sans tube télescopique. On fait varier leur note soit d’une pression du doigt ou de la main sur la membrane en néoprène, soit en fermant progressivement la sortie (pour faire glisser le son vers le grave). Elles produisent un son très proche de la voix humaine (d’où leur nom), avec une forte qualité éthérée qui rappelle le thérémine. 

Plusieurs Membranes vibrantes et Divas sont intégrées à la Table de Babel, mais on les utilise parfois seules, soit en performance (comme dans « Locustes » de Charles Quévillon) ou en installation sonore (notamment dans « Vibes » de Jean-François Laporte).

Ces instruments illustrent merveilleusement la démarche de Jean-François Laporte : partir d’un principe somme toute simple, expérimenter pour trouver les matériaux les plus riches, puis inventer les techniques de jeu qui permettront d’en tirer le maximum. Le résultat chante de lui-même !